Troubles des comportements alimentaires

CONFERENCE FCPE DU 03/12 PAR LE DOCTEUR ALAIN PERROUD

 

Le docteur Alain Perroud est psychiatre en Haute-Savoie.
Expert en thérapie comportementale et cognitive, il dirige une unité spécialisée dans les soins aux personnes atteintes de troubles des conduites alimentaires (boulimie, anorexie).

Il est l’auteur du livre « Tout savoir sur l’anorexie et la boulimie ».

Il fait également partie du bureau de l’association ICARE, créée il y a dix ans pour aider les parents des jeunes concernés.

 

LES TROUBLES DES CONDUITES ALIMENTAIRES (TCA)

 

Il s’agit de maladies mentales. Les plus connues sont l’anorexie et la boulimie et l’hyperphagie (boulimie sans vomissement).

 

1er facteur : La société

Ces troubles sont apparus depuis 50 ans car ils sont liés à notre société.

L'IMC est votre poids divisé par votre taille au carré. Dans la plupart des cas, l’IMC se situe entre 19 et 23. Cependant, le standard féminin de la mode est inférieur à 19. Dans le cas des anorexiques, il peut-être autour de 16 voire 14,5 dans les cas très graves.

Les femmes sont beaucoup plus concernées par les TCA. On compte environ 1 homme pour 15 femmes touchées. Chez l’homme c’est souvent le besoin d’être performant et de savoir se contrôler qui en est la cause. 40% des mannequins et des sportifs de haut niveau souffrent de ces troubles.

La société moderne y est pour beaucoup. Les petites filles commencent par s’identifier aux poupées Barbie, puis, à l’adolescence, elles leur idéal féminin devient les mannequins. Enfin, dans le monde professionnel, des inégalités persistent entre les hommes et les femmes mais la corpulence reste malheureusement également un critère de sélection…

A 19 ans, on note un effondrement de la satisfaction corporelle chez les femmes.

 

2ème facteur : Le contrôle de l’alimentation

L'homéostasie est la capacité que peut avoir un système quelconque à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures.

Il existe 3 types d’homéostasie :

-        Métabolique

-       Energétique

-       Emotionnelle

Il existe une transmission neuro-hormonale. Des capteurs dans le cerveau transmettent la sensation de faim, l’envie de manger et induisent le comportement alimentaire.

Nos besoins induisent donc souvent nos envies. Les suivre n’est surtout pas un problème.

Le problème réside plutôt dans les revues féminines qui ne parlent que de régimes ! Nous sommes également très sollicités par la pub et culpabilisés.

Dès lors que l’on se met à réfléchir, on va déréguler nos besoins et nos instincts.

 

3ème facteur : La génétique

Des études sur les jumeaux ont été réalisées. Si un jumeau développe un trouble, il y a forte augmentation des risques pour que le second en développe un aussi.

On parle aussi de facteurs familiaux. Cependant, ces derniers, bien que suspectés, ne sont pas confirmés.

La famille n’est plus le centre de la société et on a perdu le rythme des repas. On mange à la hâte, on saute des repas. Il ne faudrait jamais passer plus de 5 heures (dans la journée) sans manger et la durée idéale des repas est de 30mn environ.

On a également mis en cause la relation mère-fille surprotectrice, mais la mère est dans la plupart des cas tout à fait normale. Idem, pour le père… Rien n’a été trouvé non plus au niveau des frères et sœurs.

L’anorexie peut-être liée à des relations familiales fusionnelles (coarctées) : familles très unies, clans…  La boulimie au contraire est plutôt associée à des relations familiales conflictuelles (éclatées).

Les sévices, violence et abus constituent également un facteur déclenchant de troubles alimentaires (pas uniquement). 17% des jeunes filles ont été victimes de sévices physiques ou moraux.

 

L’anorexie touche principalement des jeunes filles entre 12 et 25 ans suite à des évènements de vie qui vont provoquer un mal-être qui va rencontrer les phénomènes sociaux. Le régime qui s’en suivra risque d’augmenter l’insatisfaction et de faire baisser l’estime de soi.

Chez les personnes prédisposées, la perte de poids va être trop importante, s’en suivra un  bien-être et un sentiment de réussite cependant temporaire car la maigreur et la dépression feront rebaisser l’estime de soi. Au lieu de réagir et de s’arrêter, les personnes pensent ne pas avoir fait assez et persistent dans la voie de l’autodestruction.

Le cas de la boulimie est très similaire :

Le sujet a une mauvaise image de soi liée à l’importance de poids dans la silhouette, d’où la restriction alimentaire. Cependant, des crises surviennent et provoquent des pertes de contrôle. La seule solution trouvée est alors les vomissements. Celle-ci fait chuter l’estime de soi et l’on se retrouve au point de départ.

Ces troubles touchent souvent des personnes qui ont un perfectionnisme élevé, qui sont sensibles à l’environnement, soumis au stress et qui ont une faible estime de soi.

Attention, même un petit problème peut entraîner un gros trouble.

La thérapie consiste à chercher, ce qui, aujourd’hui, entretient le trouble et non ce qui l’a causé.

 

Les solutions pour combattre l’anorexie :

-       La thérapie familiale, car la famille constitue le lieu de vie. Il faut aider les parents à réagir pour ne pas entretenir le trouble. La thérapie comportementale

-       L’hospitalisation

Pour combattre la boulimie :

-       Thérapie comportementale et cognitive

-       Médicaments

Il faut en moyenne 5 ans pour se sortir des troubles alimentaires. On compte de nombreuses rechutes. Lorsque l’on perd l’habitude de s’alimenter, remanger devient une épreuve.

Attention à ne pas forcer les enfants à manger car cela renforce son opposition et peut provoquer l’échec de la famille.

Surtout ne pas couper le lien avec la famille. La famille n’est pas le problème mais elle fait partie de la solution.

 

Que conseiller aux parents confrontés au problème ?

-       Prendre conscience du problème au plus vite. Etre particulièrement vigilant en cas de perte rapide de poids (qui se prolonge dans le cas de l’anorexie)

-       Exprimer son inquiétude mais ne pas entrer en conflit. Imposer doit être le dernier recours.

-       Encourager à consulter.

-       Garder en mémoire que cela peut durer et ne pas se décourager.

Ne pas hésiter à  participer au groupe de parole mis en place par l’association ICARE, il se réunit les 3èmes vendredis de chaque mois à 20h30 à la clinique des vallées.

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