Conférence du 23/10 Les troubles d'apprentissage

COMPTE-RENDU CONFERENCE FCPE SUR LES TROUBLES DES APPRENTISSAGES 23/10

 

Intervenante : Mme Sylvie Lahlou :  3 années d’enseignement + 10 ans en tant que psychologue scolaire +DESS de Psychologie clinique et pathologique+ DU de neuropsychopathologie + formation en Psychothérapie  familiale systémique. Depuis 4 ans : psychologue clinicienne basée à Annemasse, 8 rue du Planet. Tél : 0450955219 ou 0679428764

La demande auprès des psychologues prend de l’ampleur et les consultations sont en constante augmentation. Il faut savoir que 80% de ces consultations concerne les difficultés d’apprentissage.  Il faut cependant garder à l’esprit que réussir sa scolarité n’est pas synonyme de réussir sa vie. On peut réussir à l’école sans être en bonne santé psychique. Il convient de rester vigilant !

La difficulté est normale et même nécessaire. Mais lorsque l’enfant ne parvient plus à la dépasser, il est alors en échec (par rapport aux autres surtout). Or l’estime de soi est un des facteurs de la réussite scolaire.

Dans l’échec scolaire, il y a toujours une part liée à l’enfant, une part liée aux parents et une autre liée à l’école. L’échec fonctionne comme une spirale, un cercle vicieux dans lequel l’enfant s’enfonce petit à petit. L’enfant est souvent confronté à un sentiment d’incompréhension et de rejet, dans la famille, par ses camarades, ou par ses professeurs, qui augmente son sentiment d’incompétence. Il devient agité, agressif, ou replié sur lui-même.

Il est très important de dépister les troubles au plus tôt afin d’éviter les dépressions et les conduites à risque (vols, alcool, mensonge, drogue…).

Il s’agit d’inverser cette spirale de l’échec et la transformer en spirale de la réussite. Pour ce faire, la collaboration parents/enseignants est primordiale ainsi que la remise en question de chacun. L’important est de valoriser l’enfant.

Toute manifestation (maux de tête, troubles du sommeil…) qui s’installe est à prendre au sérieux. Le rôle du psychologue est de donner un rôle actif aux parents. Il est un médiateur entre l’enfant, la famille et l’école.

Les troubles d’apprentissage font référence à un certain nombre de dysfonctionnements pouvant affecter l’acquisition, l’organisation, la rétention, la compréhension ou le traitement de l’information verbale ou non verbale. Ces dysfonctionnements affectent l’apprentissage chez des personnes qui par ailleurs font preuve des habiletés intellectuelles essentielles à la pensée ou au raisonnement. Les troubles d’apprentissage sont distincts de la déficience intellectuelle.

La plupart de ces troubles durent la vie entière mais on peut apprendre à les compenser. Ils sont dus à des facteurs génétiques ou neurobiologiques ou encore à des dommages cérébraux. Ils ne sont pas initialement être attribuables à des problèmes de vision ou d’audition, à des facteurs socio-économiques, à des différences culturelles ou linguistique, à un manque de motivation ou à un enseignement  inadéquat (mais lorsqu’ils coexistent, ce sont des facteurs aggravants).

Un dépistage au plus tôt est utile ainsi qu’une réévaluation régulière. Ensuite, des interventions sont à mettre en place dans tous les milieux où l’enfant vit.

La Dysphasie :

Il s’agit d’un trouble sévère et durable du langage oral. Ce sont des enfants qui parlent très peu, très tard (même après l’entrée à l’école). Ils sont souvent pris pour des autistes. Ces enfants ont souvent conscience de leurs difficultés. Etant incompris, ils sont souvent agressifs. Ce trouble touche moins de 1% des enfants. Les laisser en maternelle est une erreur puisque l’apprentissage de la lecture permet de structurer le langage oral (méthode syllabique).

Que faire ? >  un bilan neuropsychologique (test de QI) + orthophoniste.

La Dyslexie :

4 à 8 % des enfants (une majorité de garçons). Elle est souvent associée à la Dysorthographie.

Il existe 3 types de dyslexie :    

- la dyslexie phonologique (voie du déchiffrage atteinte, confusions de sons)

- la dyslexie de surface (voie de l’adressage atteinte, difficulté à lire les mots irréguliers, écriture phonétique)

- la dyslexie mixte sévère : mélange des deux autres

Que faire ? >  une rééducation orthophonique (attention les séances doivent être rapprochées), ne pas pénaliser les enfants sur l’orthographe lorsque ce n’est pas le but de l’exercice. Ne pas les faire lire à haute voix. Le redoublement est inefficace.

La dyscalculie :

Souvent associée à d’autres troubles (dyslexie, dyspraxie, TDAH). L’enfant a des difficultés en calcul, surtout pour les tables de multiplication, les opérations à poser, la lecture et la transcription des nombres (ex : 1100 devient 1000100) et la géométrie.

Que faire ? >   une rééducation orthophonique ciblée est nécessaire.

La dyspraxie visuospatiale :

5 à 8% des enfants de 5 à11 ans (majorité de garçons). Se manifeste par une écriture irrégulière, brouillon, l’enfant mange salement, fait tout tomber, rencontre des problèmes pour s’habiller, a des difficultés en sport, saute des lignes ou des lettres.

C’est un trouble psychomoteur qui affecte tout ce qui est geste volontaire. C’est un trouble développemental à composante génétique importante. Il a des incidences sur la vie affective. L’enfant renvoie une image de paresseux, il en résulte une baisse de l’estime de soi et une forte dépendance à l’adulte.

Que faire ? > rééducation psychomotrice, ergothérapie ou orthoptie. L’ordinateur peut l’aider dans son travail. Il faut valoriser l’oral et fixer des objectifs.

Les TDAH (trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) :

3 à 5% des enfants et 8 fois plus de garçons que de filles. Un quart ont un trouble de l’estime de soi associé. Dans la moitié des cas, on relève chez l’enfant des troubles associés : de l’anxiété, de l’opposition, des troubles de l’humeur). Pour le TDA sans hyperactivité, il y a une majorité de filles, mais dépistées plus tardivement (car moins dérangeantes en classe).

Ce trouble est héréditaire à 80% mais il peut survenir suite à une naissance difficile (ex : prématurité tabagisme ou alcoolisme durant la grossesse). Il affecte principalement le lobe frontal du cerveau qui a un déficit en dopamine et noradrénaline.  Le trouble comprend trois composantes principales, qui se conjuguent différemment selon les enfants : l’impulsivité, l’hyperactivité et le déficit d’attention. On apprend petit à petit à le compenser.

Hyperactivité motrice : court et grimpe, s’agite, ne reste pas assis, ne joue pas en silence, prend des risques.

Impulsivité : n’attend pas son tour, se précipite pour répondre, interrompt souvent les conversations, passe d’une activité à l’autre, a du mal à organiser son travail, ne peut se conformer aux ordres.

Déficit d’attention : difficultés à se concentrer, facilement distrait, paraît ne pas écouter, perd ses outils de travail, ne termine pas ce qu’il entreprend, manque d’attention aux autres.

L’enfant est particulièrement intolérant aux frustrations. Attention à l’adolescence, où le risque d’addictions ou de conduites à risque est important. Il peut avoir pour conséquences le rejet familial, social, scolaire et une baisse de l’estime de soi.

Que faire ? > Il convient de ne pas le punir mais de le féliciter lorsqu’il fait bien (dans la mesure de l’acceptable, il faut bien sûr se fixer des priorités), de relever ses progrès… Il faut valoriser ce qui est acquis, limiter les sources de distractions, placer l’enfant devant dans la classe et ne pas le priver de récréation. Il est nécessaire de lui donner une autonomie au plus vite. Un traitement pharmacologique adapté peut s’avérer utile.

Les troubles de la mémoire, ne sont pas des troubles spécifiques. Ils sont rares sans traumatisme physique particulier. Ils sont souvent en lien avec d’autres troubles des apprentissages.

Les formes d’intelligence atypique

50% des personnes ont un QI situé entre 90 et 110. On parle de précocité lorsque celui-ci se situe au-delà de 125 ou130 (2% dépassent les 130) et de déficience lorsqu’il est se place en-deçà de 70 (2%) Précocité : 500000 enfants en France ! Davantage de garçons car souvent mieux dépistés. Les filles s’adaptent mieux, donc dérangent moins. Attention aux problèmes à l’adolescence (anorexie par exemple).

Ce sont des enfants « sentinelles » avec une mémoire exceptionnelle, des sens très développés, qui complexifient les choses. Ils ont souvent un manque de méthode de travail.

Ils voient toutes les failles des adultes et ne parviennent pas à trouver des modèles d’identification. Ils doivent être stimulés mais le saut de classe ne règle pas toujours le problème. Ils ont une intelligence différente qui les rend anxieux et fragiles.

La précocité est à dépister très tôt pour parvenir à mettre des mots sur leur différence. Attention, car elle s’accompagne fréquemment de troubles associés, ce qui rend les choses plus compliquées (dyslexie, dyspraxie, TDAH, troubles anxieux…)

Les causes affectives de l’échec scolaire :

Ø  L’anxiété

Elle est liée directement à l’estime de soi et au sentiment de compétence. Elle a des incidences directes sur la mémoire de travail. Elle se manifeste par une agitation constante et touche 2 à 7% des enfants d’âge scolaire. Elle peut bloquer la pensée ou au contraire, le fait de penser peut mettre à distance l’anxiété. L’anxiété de performance : ce sont des enfants exigeants, perfectionnistes vis-à-vis d’eux mêmes, dépressifs, qui arrivent à renoncer à leurs aspirations parce qu’ils pensent qu’ils ne seront jamais à la hauteur. Un soutien psychologique est nécessaire. Risque de refus scolaire anxieux, de troubles du sommeil, de phobie sociale. Dans des cas extrêmes de phobie scolaire (panique en allant à l’école, souvent liée à une attitude surprotectrice de la mère ou à une image paternelle pas suffisamment présente), l’hospitalisation est parfois utile.

 

Ø  Les TOC (troubles obsessionnels compulsifs)

2 à 3% des enfants (à partir de 7 ans). Diagnostiqué en général vers 10 ans, car gardé secret.

C’est un trouble chronique stable et invalidant, avec présence d’obsessions et/ou de compulsions, qui entravent le fonctionnement psychique du sujet. Une guidance parentale est nécessaire ainsi qu’une pharmacologie adaptée.

 

Ø  Les dépressions

1% des enfants, 5% des adolescents.

Elle peut se manifester par des troubles du comportement, du sommeil, alimentaires ou une inhibition importante, des troubles de l’humeur, des somatisations. Elle n’est pas toujours très marquée et peut être temporaire. C’est une maladie très complexe qui bloque l’expression des capacités intellectuelles. Attention aux conduites à risque à l’adolescence…

Elle peut se soigner par une psychothérapie, la guidance des parents et/ou un traitement pharmacologique.

 

Ø  La dysharmonie d’évolution

Trouble psychique qui concerne la structure même de la personnalité. La sécurité intérieure est atteinte. Cela donne des enfants étranges, changeants, qui ont peur de tout. Ils ont des résultats scolaires très irréguliers et n’attirent pas les autres enfants qui ne se reconnaissent pas en lui. L’émergence d’angoisses entre en effraction avec le cours de la pensée et attaque les liens logiques et de continuité.

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En conclusion, il est important de savoir qu’un trouble peut en cacher un autre et que l’on peut se tromper.

La difficulté scolaire n’est pas toujours liée à un trouble des apprentissages. Un bilan est nécessaire pour établir un diagnostic. Des parents apaisés après un bilan deviennent alors apaisants pour l’enfant.

 

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Commentaires (1)

1. RASTELLO 26/02/2012

très intéressant ce compte rendu. Merci

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